3. Reflexions

Rencontre avec Yann Buxeda, auteur de Iranorama

Yann Buxeda est journaliste depuis 10 ans. Il a passé quatre années chez France 24. Il a également été redacteur en chef d’un hebdomadaire Canadien, et a des projets « à gauche à droite ».

Pouvez-vous nous présenter votre projet Iranorama ?

Le pitch d’Iranorama est le suivant : Vous êtes journaliste indépendant. À quelques semaines de l’élection présidentielle, vous avez été envoyé en Iran et disposez de cinq jours pour passer au crible les principaux aspects de la vie quotidienne à Téhéran et rendre votre reportage à votre rédaction. Un peu dans l’idée du livre dont vous êtes le héros. Partant de cette base, l’internaute immergé est invité à faire des choix de parcours qui influent sur le déroulement du scénario. Il sera amené à participer à différents événements qui lui permettront d’accumuler des données pour son reportage.

Pourquoi avoir choisi la BD comme forme de reportage ? Quel est son intérêt par rapport à de la photo ou à de la vidéo ?

À mon sens, l’intérêt de la BD est que c’est un support qui stimule l’imaginaire, au même titre que le texte pur. Sauf que le texte pur n’est pas adapté pour un format webdoc… Au risque de faire bondir, j’avoue que la photo, et surtout la vidéo, sont pour moi parfois anxiogène. Très cadrés, très ancrés dans le réel. Mais je reconnais que c’est terriblement subjectif et que, notamment sur la photo, mon avis est très loin d’être partagé.

Comment vous êtes-vous organisés pour la retranscription des dessins ? Ont-ils été réalisés sur place, en Iran, ou en France ?

Pour Iranorama, au début pour des raisons financières, nous avons fait le choix de ne pas partir à deux sur le terrain. Je suis allé à Téhéran, à plusieurs reprises, pendant plusieurs mois, et suis revenu avec des centaines de clichés et pas mal de croquis assez basiques. Et c’est en se basant sur ces matériaux, mais tout en gardant son propre imaginaire sur le sujet, que l’illustrateur Ulys a commencé le travail sur les aquarelles, qui est au final très fidèle tout en étant original.

Quels outils avez-vous utilisé pour réaliser ce reportage ?

Pour ce reportage, pour le moment, nous avons utilisé des outils très basiques. Crayon, calepin, appareil photo, enregistreur audio. Pour les aquarelles, tout le matériel à dessins nécessaire. Pour le développement/intégration, nous attendons Klynt V2 avec une certaine impatience.

Pour quelles raisons avez-vous choisi de traiter ce sujet sous forme d’un « serious game » ?

L’Iran est une thématique qui intéresse les gens, mais qui reste très opaque. Pour beaucoup de gens, l’Iran, c’est comme l’Irak. La réalité est évidemment très différente, mais le stéréotype est vaguement entretenu par les médias occidentaux qui n’évoquent le pays qu’en des termes peu favorables. Bref, l’Iran, on connait pas, le nucléaire, la guerre, les ayatollah ça fait peur… Pour se libérer de ce sentiment anxiogène, quoi de mieux que le jeu ? Déjà, en passant par le prisme du ludisme, on dédramatise la situation et on rend donc accessible le sujet à une majorité de personnes (ce à quoi le dessin participe également). Et deuxième point, le jeu permet l’apprentissage pérenne des informations engrangées pendant l’activité. Un gamin qui joue avec des puzzles imprime ce qu’il fait et, lorsqu’il en a la capacité cognitive, déduit les conséquences de ses actes pour n’en reproduire que certains. Le JEU est l’essence même de l’apprentissage, et le but du journalisme n’est-il finalement pas de transmettre une information ?

Comment voyez-vous évoluer le webdocumentaire ?

Pour moi, le webdocumentaire est un support qui, comme tous les supports sur lesquels nous travaillons tous, a besoin de s’appuyer sur un modèle économique. Mais au même titre que le webdoc vidéo a son 52 minutes, le webdoc BD put aussi avoir son support papier… Heureusement, nous disposons d’un système de subventions en France qui nous permet d’expérimenter ces nouvelles formes d’écriture, et c’est vraiment quelque chose de positif. Après, comme on est à mi-chemin entre l’artistique et l’info, forcément, ça coûte plus cher que ça ne rapporte à une rédaction. Du coup, l’avenir, je le vois passionnant mais en même temps compliqué.

Pour soutenir Iranorama : http://www.kisskissbankbank.com/iranorama-le-webdoc

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