Qu’est-ce que le webdocumentaire ?
Le webdocumentaire (et toutes les applications de crossmédia qui en découlent) est encore relativement nouveau; à l’image du cinéma qui, dans les années 1900, cherchait encore son écriture, sa grammaire (?).
Le webdocumentaire est une nouvelle opportunité d’appréhender le monde; le nôtre, bien entendu, mais surtout, ce « monde miroir » (ou ce « monde parallèle ») qu’est Internet.
En étant un point de vue d’auteur, le webdocumentaire permet au « lectacteur » d’objectiver. Par sa nature même, il permet d’agréger, de structurer, de hiérarchiser, de concaténer l’information, tenue par un fil conducteur: le récit interactif.
Du néologisme à son contenu
Par le néologisme « webdocumentaire », nous désignons un documentaire dont la conception et la réalisation sont faites pour le Web et qui est diffusé sur le Web. Il ne s’agit pas d’un documentaire dans sa forme télévisuelle ou cinématographique, à la narration linéaire, qui trouverait sur Internet un énième espace de diffusion, mais une sorte de prolongement de ce que furent le CD-ROM ou le DVD-ROM : une œuvre utilisant les technologies du Web et ses différentes ressources multimédias.
Tout d’abord, un webdocumentaire est un site Web (ou un minisite) comme nous l’entendons actuellement, possédant un nom de domaine, une URL utilisant le protocole http, permettant d’échanger des pages Web généralement au format HTML (très souvent avec des interfaces Flash) dont les ressources sont hébergées sur un ou plusieurs serveurs.
Ce qui le différencie d’un autre site Internet : le récit d’un auteur
Un récit est basé sur le schéma classique aristotélicien. Celui-ci se compose d’un début (ou exposition), d’un nœud (ou développement), d’une conclusion ou dénouement.
« La mise-en-intrigue consiste principalement dans la sélection et l’arrangement des événements et des actions racontées, qui font de la fable une histoire “complète et entière”, ayant commencement, milieu et fin. […] Pour passer de la simple suite linéaire et temporelle des moments […] à un récit proprement dit, il faut opérer une narrativisation de ce procès, passer de la chronologie à la logique singulière du récit […]1. »
Narration linéaire face à la lecture délinéarisée
La narration traditionnelle est dite linéaire (voir Figure 1). C’est celle du livre (et du cinéma) par excellence. Elle est structurée en chapitres (par séquences) qu’on lit (regarde) a priori dans l’ordre décidé par l’auteur.

Figure 1 - Exemple de structure linéaire © Philippe Bootz2
Le mode de narration des webdocumentaires a quant à lui été conçu de manière à ce que le « lectacteur » navigue au travers de l’interface de façon totalement délinéarisée. C’est lui qui concevra de manière unique son parcours dans le webdocumentaire (voir figure 2, structure de narration non linéaire).

Figure 2- Exemple de graphe hypertextuel © Philippe Bootz
Ce qui change ici, c’est sa parenté avec les formes de documentaires traditionnels. Le webdocumentaire est donc un site qui nous raconte quelque chose. Ce « quelque chose » est structuré, agencé, mis en scène. Le récit, comme l’explique Gérard Genette3, est tout à la fois l’ensemble des événements rapportés (l’histoire), la façon dont ils sont racontés et le fait même de les raconter (la narration).
À la différence d’un autre site, en le parcourant, nous allons nous faire notre propre « expérience utilisateur ». C’est ce cheminement – différent selon l’internaute – qui va produire du sens (nous aurons l’occasion d’y revenir). Produire du sens, c’est en tout cas ce que l’on attend d’un webdocumentaire.
Comme pour le documentaire, le webdocumentaire possède un thème principal, des thèmes sous-jacents ou secondaires ; il est utilisé au service d’un (ou plusieurs) point(s) de vue documenté(s), ce point de vue étant l’affirmation d’un regard sur le monde ; il offre un (ou plusieurs) récit(s) avec une forme narrative qui lui est propre ; sa forme, son fond et ses fonctionnalités nous proposent une représentation du monde nous permettant d’appréhender la réalité ; il fait travailler l’imaginaire de son spectateur/internaute.
De la narration à l’expérience utilisateur
Ainsi, avec le webdocumentaire, passons-nous d’une narration linéaire des documentaires traditionnels (même si le montage proprement dit ne l’est pas4) à une narration empruntant aux interfaces que l’on retrouve sur les sites Web et dans les jeux vidéo.
Cette narration peut être de différents types :
- arborescente (celle des jeux, avec des niveaux)
- indéterministe (on va toujours d’un point de départ à un point d’arrivée, mais les parcours, innombrables, sont laissés au choix de l’internaute)
- évolutionniste (un point de départ mais pas de point d’arrivée, le monde se crée au fur et à mesure du parcours de l’utilisateur).
L’idée d’une narration au service de l’expérience utilisateur prend ici véritablement tout son sens.
Alexandre Brachet, fondateur de la société Upian5 (qui a produit un bon nombre de webdocumentaires), parle « de structure en forme d’arête de poisson » pour Thanatorama6 plutôt que de véritable arborescence (figure 4). Dans ce webdocumentaire, on nous propose de connaître le parcours de notre corps une fois décédé, en territoire français.

Figure 4-Structure en forme d’arête de poisson : les lucioles sont les points d’entrée des rubriques.
Un parcours indéterministe pour ce webdocumentaire dans le sens ou l’on connaît notre point de départ (notre propre mort avec le constat de décès l’attestant), le point ultime de notre parcours (la dispersion des cendres après crémation ou l’enterrement) mais où la navigation peut nous faire prendre plusieurs directions entre ces deux points.
Concept audacieux qui se propose de nous faire « vivre » une expérience de l’après : « Thanatorama, l’aventure dont vous êtes le héros mort ».
La place de l’auteur, celle de l’internaute
La narration, étant le cheminement de la pensée d’un auteur, nous pouvons nous interroger sur la valeur de ce type d’œuvre si l’internaute peut à ce point réécrire, intervenir sur l’histoire ? Tout cela semble contradictoire : « Comment peut-on concilier narrativité (prendre le lecteur “par la main”) et interactivité (“lui donner la main”) ? », s’interrogent Serge Bouchardon et Franck Ghitalla7. Pourtant, le webdocumentaire s’affirme bien comme un point de vue sur le monde…
« Dans les documents numériques, la présence de l’auteur s’avère problématique ; elle décroît encore à mesure que celle du lecteur est au centre du dispositif. Dans les hypertextes, par exemple, la pratique des liens non seulement prive l’auteur de sa relative maîtrise sur le parcours de lecture, mais elle lui retire une partie de l’armature rhétorique qui lui permettait de conduire son lecteur8. »
En ce qui concerne le webdocumentaire, il n’est pas question de laisser l’internaute, seul, livré à lui-même, surfant au gré des liens, dans une navigation sans fin. La navigation a été balisée et a priori, les parcours ont été préalablement définis. Ainsi,
« le récit interactif, en permettant au lecteur d’agir sur le dispositif du récit […] apparaît comme une expérience des limites9 ».
La relation auteur/lecteur, l’expérience utilisateur
L’intérêt du webdocumentaire réside (entre autres) dans le fait qu’il permet une personnalisation du visionnage de l’œuvre. L’internaute navigue sur le site au gré de ses envies. Il a ainsi le sentiment d’une individualisation des informations données. La satisfaction de l’internaute est d’autant plus grande qu’un site répond (et le webdocumentaire, bien entendu) à quatre critères :
« * utilité : le site a été utile au visiteur, il a trouvé ce qu’il y cherchait (variante : il n’a pas trouvé tout à fait ce qu’il cherchait, mais ce qu’il a découvert l’a intéressé) ;
* facilité et confort d’utilisation : le visiteur a trouvé facilement ce qu’il cherchait, et a pu aisément accomplir les tâches qu’il s’était assignées (trouver une information, poser une question, acheter un produit, écouter un extrait musical, etc.). L’utilisation du site ne lui a pas “pris la tête” ;
* Confiance : les informations trouvées sur le site lui ont donné confiance : identité des propriétaires, marque connue, prix clairement affichés, informations sur le respect de la vie privée, livraison dans des plages horaires compatibles avec son emploi du temps…
* Qualité de service : la logistique en aval [amont ?] du site a tenu ses promesses en livrant à l’heure prévue, et le produit livré s’est révélé conforme aux informations du site (ce quatrième point ne s’applique pas aux sites d’information) 10. »
L’internaute est satisfait s’il a vécu une bonne expérience-utilisateur. Il aura ainsi une bonne image de ce qu’il a vu/lu/vécu.
Vincent Bénard, sur son blog Veblog.com, résumait plus loin l’expérience-utilisateur, dans un texte publié il y a déjà plus de 9 ans :
« Une bonne expérience vécue par un utilisateur sur un site Web est ce qui lui donnera l’envie d’y revenir. Cette expérience se fonde sur : l’utilité du site, sa simplicité d’utilisation, la confiance qu’il inspire, et la qualité du service délivré. Investir dans l’amélioration de l’expérience-utilisateur est la meilleure dépense qu’un décideur puisse ordonner11. »
Nous aurons l’occasion de revenir sur l’expérience utilisateur lors d’un prochain article traitant de la réalité augmentée associée à la géolocalisation et à la l’intelligence collective/collaborative, le tout au service de la mobilité (web)documentaire,
Une double spécificité par rapport à un documentaire traditionnel : l’interactivité avec le spectateur, l’agrégation dynamique de contenus
C’est à la fois dans son mode de diffusion, dans la façon dont le spectateur/internaute (on parle parfois de « lectacteur » de « spectacteur »12 et aussi d’ « interacteur »13) le regarde/agit mais également dans sa structure même qu’il faut voir la différence avec un documentaire traditionnel. C’est un documentaire en général interactif et en ligne. L’interactivité d’Internet permet de fournir plusieurs points d’entrée, et donc des alternatives à la narration linéaire unique imposée dans le documentaire traditionnel. Son accès est en principe universel (il faudrait pour cela penser à son accessibilité). C’est une diffusion « one to many ».
Le webdocumentaire, nous l’avons dit, est un site Internet : il n’est regardable/parcourable dans sa forme complète qu’en ligne. C’est bien parce que nous utilisons un navigateur Web pour le parcourir que celui-ci, même une fois chargé, reste relié par l’hyperlien au reste du Net que nous parlons de webdocumentaire.
Nous sommes ici en présence d’une structure composite, faite de médias de natures hétéroclites et utilisant les différentes technologies du Web. Comme sur un DVD-ROM ou un CD-ROM, nous pouvons avoir du texte, du son (sons d’ambiance, bruitages, commentaires, interviews et musiques), de l’image (photos, graphismes, images animées, vidéos) cliquable ou non, de la cartographie ; nous naviguons également à l’aide d’un menu. Mais ces médias ne se retrouvent pas physiquement sur un même support comme avec un CD ou un DVD, il y a bien dématérialisation. Les différents médias sont souvent hébergés sur des serveurs différents (serveurs de streaming pour la vidéo, serveurs frontaux pour les interfaces…).
Un webdocumentaire est donc la réunion, l’organisation et la mise en forme des différents éléments qui le constituent. S’il est hétérogène par sa structure, et alors que les éléments le constituant sont hébergés sur différents serveurs de par le monde, le webdocumentaire réussit pourtant la prouesse d’être fluide et de donner l’illusion d’une œuvre homogène.
Notes
1) Jean-Michel Adam, Le Récit, « Que sais-je ? », PUF, pp. 90-91.
2)Les Figure 1 et 2 sont reprises sur le site olats.org, dans l’essai « Que sont les hypertextes et les hypermédias de fiction ? » : http://www.olats.org/livresetudes/basiques/litteraturenumerique/8_basiquesLN.php
3) Rapporté par Serge Bouchardon et Franck Ghitalla in Hypertextes hypermédias, créer du sens à l’air du numérique, (p. 36), Lavoisier, 2003, d’après Discours du récit, in Figures III, Seuil, 1972.
4) Dans L’Épreuve du réel à l’écran, p. 42, François Niney parle de « […] montage : “excentrique”, spirale, achronologique, polyphonique […] ».
5) Sur la page d’accueil d’Upian, on trouve des liens vers six de ses productions : http://www.upian.com/
6) Voir le webdocumentaire Thanatorama : http://www.thanatorama.com/docu/? – /accueil/
7) Hypertextes hypermédias, créer du sens à l’ère du numérique, op. cit., p. 36.
8 ) La Redocumentarisation du monde, Roger T. Pédauque, éditions Cépaduès, 2007 p. 193.
9) Hypertextes hypermédias, créer du sens à l’ère du numérique, op. cit., p. 44.
10) De l’article publié le 13/08/2000 (déjà !) sur Veblog.com de Vincent Bénard, « L’expérience-utilisateur, clé du succès des sites Internet » : http://www.veblog.com/fr/2000/0813-userexperience.html
11) Toujours repris sur Veblog.com, de Vincent Bénard.
12) Notion développée par Jean-Louis Weissberg, Présences à distance, L’Harmattan, 1999.
13) Lire, à ce sujet, l’article de Catherine Guéneau : http://www.mediascreationrecherche.com/spectateur.pdf
« La mise-en-intrigue consiste principalement dans la sélection et l’arrangement des événements et des actions racontées, qui font de la fable une histoire “complète et entière”, ayant commencement, milieu et fin. […] Pour passer de la simple suite linéaire et temporelle des moments […] à un récit proprement dit, il faut opérer une narrativisation de ce procès, passer de la chronologie à la logique singulière du récit […]1. »
Figure 1 - Exemple de structure linéaire © Philippe Bootz2

Figure 2- Exemple de graphe hypertextuel © Philippe Bootz

Figure 4-Structure en forme d’arête de poisson : les lucioles sont les points d’entrée des rubriques.
« Dans les documents numériques, la présence de l’auteur s’avère problématique ; elle décroît encore à mesure que celle du lecteur est au centre du dispositif. Dans les hypertextes, par exemple, la pratique des liens non seulement prive l’auteur de sa relative maîtrise sur le parcours de lecture, mais elle lui retire une partie de l’armature rhétorique qui lui permettait de conduire son lecteur8. »
« * utilité : le site a été utile au visiteur, il a trouvé ce qu’il y cherchait (variante : il n’a pas trouvé tout à fait ce qu’il cherchait, mais ce qu’il a découvert l’a intéressé) ;
* facilité et confort d’utilisation : le visiteur a trouvé facilement ce qu’il cherchait, et a pu aisément accomplir les tâches qu’il s’était assignées (trouver une information, poser une question, acheter un produit, écouter un extrait musical, etc.). L’utilisation du site ne lui a pas “pris la tête” ;
* Confiance : les informations trouvées sur le site lui ont donné confiance : identité des propriétaires, marque connue, prix clairement affichés, informations sur le respect de la vie privée, livraison dans des plages horaires compatibles avec son emploi du temps…
* Qualité de service : la logistique en aval [amont ?] du site a tenu ses promesses en livrant à l’heure prévue, et le produit livré s’est révélé conforme aux informations du site (ce quatrième point ne s’applique pas aux sites d’information) 10. »
« Une bonne expérience vécue par un utilisateur sur un site Web est ce qui lui donnera l’envie d’y revenir. Cette expérience se fonde sur : l’utilité du site, sa simplicité d’utilisation, la confiance qu’il inspire, et la qualité du service délivré. Investir dans l’amélioration de l’expérience-utilisateur est la meilleure dépense qu’un décideur puisse ordonner11. »

















.
Webdocu.fr est le site de référence de l'actualité et de l'étude des nouvelles formes de narrations, interactives, multimédia et connectées.
Nous contacter : redaction@webdocu.fr


Un grand bravo pour cet article, très sincèrement passionnant, sérieux, documenté et qui sait de quoi il parle.
Deux petites remarques, cependant: le titre laisse entendre qu’il y aurait une définition, et une seule, des webdocumentaires («qu’est-ce que LE webdocumentaire?»), ce qui n’est à mon sens pas le cas.
Et deux, tenter de définir le genre — intention ô combien difficile et nécessaire — pose la question de quand on le fait. Autrement dit, n’y-a-t-il pas un léger risque à enfermer le genre dans une définition alors que sa grammaire n’en est encore qu’à ses balbutiements? Autrement dit (bis), n’est-ce pas dans leur bouillonnement créatif que les webdocs se définissent le mieux, c’est à dire sans définition ?
Encore une fois, un grand bravo. AU plaisir d’en débattre avec vous!
David Dufresne, Prison Valley
@ David Dufresne
Merci pour vos compliments qui font chaud au cœur !
Vous avez raison, le webdoc est en devenir et il est protéiforme.
Loin de moi l’envie d’enfermer, avec cet article, le webdocumentaire dans MA définition coulée dans le bronze. J’essaie simplement de donner des pistes de réflexions pour comprendre ce qui est en jeu avec cette (nouvelle) forme de création.
Dans un premier temps, je le compare à ce qui existe (documentaire tv ou cinéma, sites Web) pour essayer de cerner, ensuite, ce qui en fait sa spécificité et qui en fait donc une forme (créative) à part entière.
Pendant mon travail de recherche et d’écriture sur ce sujet, on m’a longtemps asséné que le webdocumentaire n’existait pas, que c’était un coup marketing… Les nombreuses productions pleines d’inventivité et d’innovations qui émergent ici ou là, nous prouvent au contraire qu’il est nécessaire, utile pour comprendre notre monde et celui d’Internet !
PS : j’attends votre beau projet, Prison Valley, avec impatience !
La terme même de webdocumentaire est quelque peu dépassé, déjà, non?
Les documentaires qui se réalisent et se développement sur le web et le web uniquement, c’est un peu difficile de nos jours. Les supports mobiles et le déploiement en personne, dans des forums sur terrain, contribuent plus souvent qu’autrement à l’œuvre en construction. En ce sens, webdoc n’est certainement pas LE terme. Mais je rejoins David, là n’est pas tellement l’essence, du moins en ce moment. Il est temps de tester des trucs, d’essayer, de prendre des risques et de se tromper. Une fois exploré et un peu établi, le genre sera certainement circonscrit dans un terme englobant.
Pour l’instant, « webdoc » sert bien dans Twitter, pour s’y retrouver (#webdoc). Mais il est clair qu’entre un reportage, un documentaire et une publicité à la sauce webdoc, il y a souvent des mondes. Et les placer tous sous le même chapeau ne sert pas à s’y retrouver.
Merci Olivier pour cet article qui nous aide à nous rapprocher, justement, d’une compréhension commune du documentaire interactif.
Frédéric
Coordonnateur web
Projet PIB, ONF
http://pib.onf.ca
merci pour cet excellent article.
le choix de l’orientation du récit épuise-t-elle la notion d’interactivité ?
le fait de pouvoir commenter, dialoguer avec l(es) auteur(s), les relations sociales et les échanges d’attention en ligne autour de ces productions, et pourquoi pas une nouvelle organisation de la production, plus collaborative, sur des plateformes permettant le partage et le travail en réseau. Tout cela fait aussi partie de l’interactivité, et donne son caractère inédit au webdocumentaire.
Et pour garder un oeil sur le sujet http://www.netvibes.com/thomscotch
@ Frédéric Dubois
Il nous fallait un terme pour désigner les créations multimédias, plus ou moins interactives, plus ou moins délinéarisées, offertes sur le Web. Le néologisme webdocumentaire était bien pratique car déjà utilisé (en France) par bon nombre d’amateurs, de réalisateurs, de développeurs Flash, de producteurs…
Effectivement, il est ancien, puisqu’en mars 2002, le Centre Pompidou proposait déjà : « Les cinémas de demain : le web documentaire ».
Ce festival annonçait alors :
« Le webdocumentaire est un genre encore peu exploité, parce qu’encore mal défini puisqu’il se trouve aux frontières de la Web TV, du magazine en ligne ou du journal de bord. C’est un documentaire travaillé avec les outils multimédias, textes, images, vidéos, une manière de mettre les nouvelles technologies au service de la connaissance et d’un point de vue. »
http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/2f6d2a49fa88f902c1256da5005ef33f/35cee60b37d089eac1256b4b004bf6ae!OpenDocument
Le terme webdocumentaire recouvre, pour moi, toutes les créations à caractère documentaire, quelles que soient leurs formes et quels que soient les moyens de les regarder ou de naviguer à travers elles.
Que l’on soit assis devant son écran d’ordinateur connecté avec un navigateur Web; que l’on soit en mobilité(documentaire) avec un terminal mobile (j’aurai l’occasion d’y revenir dans un prochain article) ; ou bien encore, que l’on soit devant la future télévision hybrides (réception TV avec connexion Internet), il s’agit toujours de « Mettre les nouvelles technologies au service de la connaissance et d’un point de vue ».
Je recommande vivement à tous les amateurs de webdocumentaires de passer du temps avec les personnages de PIB, l’indice humain de la crise économique canadienne: http://pib.onf.ca/index.
Le site se présente sous forme d’une plateforme regroupant, à ce jour, 15 récits vidéo de plusieurs épisodes chacun, des « essais photo ». On peut y entrer par personnages, par thématique, ou à l’aide d’une carte et d’un déroulé chronologique. Un grand bravo à vous-même, et à toutes les équipes de l’Office National du Film du Canada pour ce remarquable travail !
[...] Crou, auteur d’une thèse professionnelle sur le web-documentaire et blogueur, complète dans cet article la définition d’éléments constitutifs : une interactivité la plus grande possible, une [...]
[...] Le « web documentaire » est un phénomène assez récent et peu connu. Je me suis donc penchée sur sa définition. C’est en réalité une forme de reportage à l’ère du multimédia. Les documentaires sont conçus spécifiquement pour le web et pour être diffusés en ligne. Le web-documentaire se caractérise par une navigation et une interactivité qui articulent le récit, une écriture spécifique et un contenu multimédia. Selon O. Crou (sur http://webdocu.fr/), il « est une nouvelle opportunité d’appréhender le monde » et par conséquent, de communiquer. Vous trouverez une étude complète sur http://webdocu.fr/web-documentaire/2010/03/05/qu%E2%80%99est-ce-que-le-webdocumentaire/ [...]
[...] (L’article d’Olivier Crou : http://webdocu.fr/web-documentaire/2010/03/05/qu%E2%80%99est-ce-que-le-webdocumentaire/) [...]
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par David Dufresne. David Dufresne a dit: Théorie (suite). A lire sur les structures. Qu’est-ce que le webdocumentaire? par Olivier Crou http://t.co/9k4GjBL #bestofnarration [...]