Laure Poinsot est née et a grandi à Paris. Déjà toute petite elle voulais voir le monde. Pour cela, elle a choisi de réaliser des documentaires. Autant d’excuses pour s’infiltrer dans des terres inconnues et s’immiscer dans la vie des autres. Elle a ainsi réalisé une vingtaine de documentaires pour la télévision (France 5, France 3, Canal +, Public Sénat…) avec quelques obsessions à la clef : la question de » l’autre « , le respect de la parole, le questionnement de la vérité.
Vous venez de réaliser un webdocumentaire : d’où vient l’idée de ce sujet ? Pourquoi l’avoir fait sous cette forme ?
Je suis littéralement « tombée amoureuse » de Johannesburg en y atterrissant pour, la premiere fois, il y a 4 ans. J’ai voulu en faire un documentaire pour la télévision mais aucune chaine ne s’est montrée intéréssée. J’ai aussi et surtout voulu m’essayer au web-documentaire, trouvant que cette nouvelle forme d’écriture pourrait s’adapter particulièrement bien à la decouverte de cette ville, exploration que je voulais faire à travers la rencontre de dix de ses habitants.
Quelles ont été les difficultés sur le terrain ?
La plus grande difficulté a été de s’extirper de la peur de tourner seule dans tous les quartiers de la ville. Lorsque l’on s’installe à Johannesburg, on est assailli et paralysé par une véritable paranoïa causée par la réputation exécrable de la ville en matiere de criminalité, une réputation qui a tendance à effacer tous les autres aspects. C’est aussi une des raisons pour laquelle j’ai voulu réaliser ce web-documentaire. Pour montrer qu’il a bien plus à Johannesburg que les seuls aspects de criminalité et de contrastes forts entre riches et pauvres, entre Blancs et Noirs, etc… C’etait ca aussi l’autre difficulté majeure : s’extirper des clichés habituels sur l’Afrique du Sud. Certes, ces clichés représentent une certaine réalité mais les choses changent. En particulier, à Johannesburg, qui est un creuset asssez unique de plusieurs mondes issus depuis des générations d’Afrique, d’Europe et d’Asie lesquels apprennent désormais à vivre ensemble. C’est pour cela que j’ai appelé ce web-documentaire « le laboratoire de la nation arc-en-ciel ». Car j’ai trouvé dans la ville un dynamisme incroyable et une envie d’aller de l’avant, en dépit des difficultés sociales et économiques pourtant réelles pour beaucoup.
Quels ont été les moments forts du tournage ?
Les moments forts du projet ont été avant tout les rencontres avec les Johannesbourgeois. Il a été très dur de faire le choix des dix quartiers et des dix habitants, tant la ville et ses habitants sont divers et passionnants. Lors des interviews et des tournages, j’ai été impressionnée par la lucidité mais aussi par la grande confiance dans l’avenir de leur ville évoqué par les Johannesbourgeois qui avaient accepté de nous faire partager un peu de leur vie et de leurs idées.
Quels sont vos projets ?
Je souhaiterais travailler sur la notion de citoyenneté en Afrique de l’Ouest ou je m’apprête à m’installer. Là aussi les clichés et les réputations ont la peau dure en France…
Propos recueillis par la rédaction.
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Tags: afrique du sud, laure poinsot, Libération
2 juil 2010
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